COUPURES EN ARTS: Atteinte directe aux artistes en Arts numériques

Résidence pour frequencies (light quanta) residency de Nicolas Bernier

Montréal, le 30 juin 2015 – Le 23 juin 2015, le Gouvernement du Québec annonçait des coupures surprises aux budgets dédiés à la culture. Madame Hélène David, ministre de la Culture et des Communications justifiait ce resserrement des structures administratives par le besoin de protéger l’aide aux artistes et à nos institutions culturelles. Contrairement à ses affirmations, des coupures historiques au budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) viennent frapper directement la création artistique.

Ceci se traduit notamment par la suppression du programme de coproduction internationale qui offrait aux organismes québécois une opportunité unique de soutenir la production internationale d’artistes d’ici. Ce fut le cas du projet de l’artiste Nicolas Bernier, de renommée mondiale en arts numériques et en musique. Son dernier projet, frequencies (light quanta), avait bénéficié de ce programme grâce à un apport de fonds étrangers.

À cet effet, Nicolas Bernier déclare: «Ce projet, certainement le plus important de ma carrière, n’aurait pu être réalisé sans l’appui du CALQ qui a financé le quart des coûts de production par le biais de PERTE DE SIGNAL et du programme de coproduction. Le Centre LABoral en Espagne a pour sa part également investi un quart des coûts, tandis que j’ai personnellement assumé le défraiement de la moitié de ceux-ci, en y investissant les cachets perçus lors de mes tournées européennes.»

L’artiste et compositeur Nicolas Bernier est certes l’un des artistes québécois les plus en vue sur la scène internationale actuellement. Son travail a été présenté dans les événements les plus importants, tels que SONAR à Barcelone, TRANSMEDIALE de Berlin, TODAY’S ART à La Haye, à la Prada Foundation de Venise, ainsi qu’aux festivals Mutek, AKOUSMA et Elektra à Montréal.

Nicolas Bernier a été récipiendaire du prix Golden Nica en 2013, une des plus hautes distinctions dans le monde des arts, décernée par le Centre Ars Electronica en Autriche. Il s’est également distingué aux Japan Media Art Awards en 2011 et au Québec avec un prix OPUS en 2010 pour le disque de l’année dans la catégorie «Musiques actuelles et électroacoustiques». Le travail de l’artiste est certes parmi les plus marquants et les plus sophistiqués de cette nouvelle culture numérique québécoise tant admirée à l’étranger.

Robin Dupuis, directeur du Centre d’artiste montréalais PERTE DE SIGNAL, explique qu’il «s’agit d’une coupe aveugle à un des programmes pourtant les plus stratégiques du CALQ puisqu’il permettait une opportunité pour les organismes de financer la création artistique avec des fonds étrangers, une injection d’argent neuf! Ce programme du CALQ était sans l’ombre d’un doute le plus important et le plus novateur pour attirer les investissements étrangers dans la production d’œuvres québécoises.»

En effet, depuis sa production en août 2014, l’oeuvre frequencies (light quanta) de Nicolas Bernier a déjà été exposée à Gijón en Espagne, Nantes, Créteil et Maubeuge en France et Genève en Suisse. L’œuvre reprendra la route cet automne pour la France et l’Italie, ainsi qu’au Musée d’art et de technologies des médias ZKM situé à Karlsruhe en Allemagne, une des plus importantes institutions européennes en arts numériques.

D’autre part, le co-porte-parole du Printemps numérique et artiste à l’affiche de la dernière édition du festival MUTEK Martin Messier a aussi bénéficié de ce programme pour produire deux œuvres: Machine_Variation en coproduction avec SONAR à Barcelone et SEWING MACHINE ORCHESTRA avec le festival EXIT à Paris et sa propre compagnie de production, 14 lieux. Avec un travail artistique inspiré et inédit qui inscrit le numérique dans une manifestation réelle et concrète, Martin Messier a présenté et performé ces deux œuvres au Musée National de Chine à Beijing, ainsi qu’à Caen, Rennes, Reims, Nantes, Créteil et Maubeuge en France, à Leipzig et Dresden en Allemagne, à Derry en Irlande du Nord, à Bergen en Norvège et à Barcelone en Espagne. Cet artiste est devenu un réel ambassadeur de l’ingéniosité d’ici.

Sofian Audry, président de PERTE DE SIGNAL, souligne que «le programme de soutien à la coproduction internationale est une pierre angulaire de l’investissement du Gouvernement du Québec dans les arts numériques, lequel ne saurait se limiter à une seule contribution dans la numérisation de la culture québécoise. Il est crucial de continuer à investir dans la création contemporaine, surtout quand les artistes d’ici réussissent à intéresser des investisseurs étrangers».

PERTE DE SIGNAL exhorte Madame Hélène David, ministre de la Culture et des Communications, à ne pas couper dans le rayonnement des artistes québécois à l’étranger, à reconduire les fonds du programme de coproduction internationale au CALQ et à soutenir la production d’œuvres d’arts numériques au Québec, notamment dans son Plan culturel numérique.

PERTE DE SIGNAL est un centre d’artistes montréalais (membre du regroupement Pied Carré) dont le mandat est de promouvoir le renforcement et le rayonnement des arts numériques et l’innovation artistique liée à la technologie. De la performance audio à la projection vidéo en passant par l’installation mécanique/robotique, le logiciel de création et l’intervention publique, le travail des membres du centre se décline à travers différents médias et à travers l’exploration d’une variété d’approches plastiques et formelles. PERTE DE SIGNAL se veut un lieu de rencontre qui favorise les initiatives, les collaborations, les échanges et la transmission des savoir-faire au sein de la communauté artistique dans son ensemble.  Perte-de-signal.org

Source: 
Robin Dupuis (+1 514 273-4813)

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